La génèse

La génèse

La génèse 

 

Crédit photo @SATTOFAMILY - Collection perso


12 ans, assise par terre les jambes en « W » -position caractéristique des ados hyperlaxes- je dépiaute avec sérieux les pages de L’Officiel de la Mode dont les piles alternent avec Vogue, comme autant de minuscules tours d’ivoire. 
La rigueur assassine d’une Wintour modèle réduit, je post-it les marges et ponctue les feuillets de notes, levant au ciel les yeux d’un air offusqué par l’incongruité d’une image, poussant des oh !  lascifs, remplis d’admiration pour le génie d’une coupe. La lumière d’une matière, la force donnée à un morceau de tissu que la grâce d’une main a su porter à la vie, en 22 x 28.5, inerte en apparence, sur du papier glacé. 

La Mode me fascine. Il n’y a pas de détours à prendre. 

L’habit est pour moi la forme d’art la plus accessible, la plus démocratique. La plus libre aussi pour ceux qui ont le privilège de choisir quotidiennement leurs apparats. 
Mais cette liberté devient relative pour notre génération, dont la conscience écologique et des dégâts de l’industrie du vêtement est accrue. 
Lorsque l’expression de soi est produite en 30 000 exemplaires, portée par autant de déclinaisons cloniques.
Lorsque l’on réalise qu’on ne respecte ni le créatif ni les créateurs.
Graphiste, imprimeur, machiniste, tanneur, couturier ... Jusqu’à la petite main qui emballe l’objet, finissant par ressembler au haillon plus qu’à l’œuvre de départ. 

Il n’y a pourtant pas de culpabilité à avoir lorsqu’on ignore tout des chaînes de production. On apprend à se satisfaire et à redemander de cette offre démesurée, foisonnante, invraisemblablement cheap.

Si consommer est un acte superflu qui nous est nécessaire, il nous faut considérer la Mode comme un écosystème, et accompagner les industriels dans cette transition.
Il existe un système économique circulaire qui repose sur l’optimisation de l’emploi des matières : biosourcées donc jetables, ou non biosourcées et donc conçues recyclables à perpétuité. Chacun individu tient son rôle dans ce modèle dont le bénéfice est collectif, écologiquement et humainement vertueux.
D’un point de vue du consommateur -de notre point de vue- ça signifie acheter moins, et acheter raisonné. S’enquérir de savoir ce qu’on achète, ce que ça coûte à l’Homme et à l’Environnement, qui est rétribué, et comment transformer la matière pour créer à nouveau. 

Ce site est fait pour que cela se passe sans effort. 
Chaque Maison présentée garantit un mode de production éthique, souvent organique, parfois up- ou recyclé
Dans le respect de chaque personne de la chaîne d'intermédiaires entre vous et votre vêtement, chaîne que souhaite la plus courte possible. 
Il donne de la visibilité aux héros ordinaires qui travaillent aujourd’hui à une consommation responsable. Il nous propose d’être acheteur-acteur, qui cultive l'hédonisme urbain et les mœurs durables, quand l’offre est bruyante et l’information distillée. 

 

Thegoodgoods est une plateforme enthousiaste où les belles pièces sont à l’honneur, intégrant la valeur de l’Autre et de l’Environnement à des collections choisies pour donner du sens à nos garde-robes. 
De l’authenticité à notre amour du beau. 

L’éthique désirable est un Art-À-Porter. 

Victoire Satto