L'Art De la Seconde-Main Par Marie

L'Art De la Seconde-Main Par Marie
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L’Art De La Seconde-Main : L’Histoire De Marie

In(tro)spection de dressing


Nous pensons fermement que vous, humains & consommateurs, façonnez la transition sociale des entreprises par désir de mieux investir et vivre dans vos vêtements. Votre avis nous est précieux. Chaque mois, on le recueille dans notre boite aux lettres de lecteurs et on vous aide à rédiger puis partager votre histoire. Ainsi, elle fait écho dans la tête des activistes qui se sentent moins seuls, germe dans celle des profanes pour qu’ils s’instruisent sur le sujet, s’insère dans la stratégie des industriels qui n’auraient pas encore enclenché le changement à leur échelle.
Marie Andriol a 23 ans et étudie à l’IEP d’Aix-en-Provence où elle vit depuis 3 ans, exceptée une année passée à l’étranger, au Mexique. Marie a fait le choix de ne rien consommer de neuf. Après Céline, Maxine, Victoire et Margaux, c’est à son tour de nous raconter son récit.

 

Un éveil à l’éthique en douceur


Cela fait maintenant 1 an que j’ai acheté mon dernier article neuf, bien qu’il provienne d’une marque qui travaille beaucoup sur sa transparence. 

Cela fait 1 an et demi que j’ai décidé de devenir « sustainable ».  

Si je devais remonter à l’origine de ma décision, je pense que c'est une lente prise de conscience sur le climat. Il fallait faire quelque chose, je ne savais pas quoi. À l’époque, je n’étais pas encore prête à devenir végétarienne. Lorsque j’ai découvert les travaux de Fashion Revolution j’ai réalisé l'ampleur du problème global de l’industrie de la mode. Partir de là m’est apparu comme le moyen le plus facile d’agir à mon échelle et d’entamer ma transition vers une consommation responsable.

Grâce à Instagram j’ai trouvé de nombreux moyens de m’informer sur le sujet (notamment grâce à Thegoodgoods !) et d’en saisir toute la complexité, notamment celle d’acheter du neuf - ce qui n’est pas interdit quand on souhaite consommer éthique - et se renseigner en profondeur sur les actions d’une marque. Finalement, la seconde main s’est avérée le choix le plus simple et le plus efficace. Vinted se développait et m’aidait à faire du tri dans ma propre garde-robe autant que des belles affaires (vive l’échange de vêtements !) et en parallèle je développais ma culture de la fripe.


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Économies - Écologie - Toxicité : Le Win Win Win de la seconde-main

Il y a un avantage qui est économique indéniable, il n’est pas rare de dénicher des pièces de marques vraiment abordables ! Autre atout côté style : peu de chance de croiser quelqu’un avec la même robe que j’ai shoppée chez Mad Vintage !
On y pense assez peu, mais porter du « déjà porté » assure aussi d’une certaine résistance de la pièce. Elle a vécu, les tissus utilisés avant les années 90 étaient de bien meilleur qualité et plus fréquemment conçus en matière naturelle, ils sont encore pimpants après de de multiples lavages. J’avoue ne pas toujours savoir comment m’occuper correctement de mes vêtements (j’y travaille !), c’est agréable de me reposer sur la robustesse du tissu et le maintien de la coupe qui ne sera pas altérée après plusieurs semaines. J’ai en tête quelques exemples concrets de drames, déchirures ou rétrécissements avec des pièces de fast-fashion…

Créer dans la contrainte

Bien sûr, la seconde main n’est pas la solution à tout. Je ne peux pas acheter de chaussettes, de sous-vêtements et je n’ai jamais trouvé de chaussures qui me conviennent, d’autant que j’habite une petite ville où le choix est pour l’instant limité à 5 boutiques de fripes.
Le nombre de mes vêtements a bien sûr considérablement baissé : j’en ai donné énormément, vendus quelques uns en vide-dressing, mais je remarque une satisfaction inattendue : l’apaisement de mes envies de consommer.
Je réfléchis beaucoup plus à mon besoin avant d’acheter. Parfois mon hésitation dure tellement que je n’achète rien. Passer ma journée à faire du shopping et revenir les bras débordant de sacs ou faire des commandes en ligne de 200€, sont des envies que je n’ai plus.

Avec la seconde main, je me préoccupe beaucoup moins des tailles (...) la seule question est : est-ce que je me sens bien dans le vêtement ? Et ça c’est vraiment libérateur ! 

Autre surprise, avec la seconde main, je me préoccupe beaucoup moins des tailles; un pantalon en friperie étiqueté 44 ou XL peut très bien m’aller alors que je suis plutôt un 36/38. Cela s’explique de plusieurs façons :
- soit parce que les mensurations d’aujourd'hui diffèrent de celles de l’époque de production du vêtement,
- soit parce qu’il vient d’un autre pays où les mensurations types sont également différentes. J’apprends donc à me mesurer bien différemment, à mieux accepter mon corps et à ne plus utiliser de chiffres comme référence, la seule question est : est-ce que je me sens bien dans le vêtement ? Et ça c’est vraiment libérateur !!

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Le style multipotentiel

Je définirais mon style comme protéiforme, pour plusieurs raisons. Ma mère avait 3 enfants à gérer donc nous a élevé avec un sens pratique. Je récupérais les fringues de mes aînés dans lesquelles je pouvais courir partout. Le style n’était pas une priorité.
Pendant longtemps je n’ai pas réussi à choisir entre différents styles. À l’image de ma personnalité, je n’ai pas une passion ni un genre de musique préféré, je me nourris de tout. De plus je ne supportais pas l’idée que l’on me voit dans la même tenue deux jours de suite et cela influençait ma manière de consommer, ce qui va beaucoup mieux maintenant !
J’ai mis longtemps à appréhender mon corps correctement. Par exemple : avoir grandi en taille 34 à l’époque où la mode c’était jean taille basse sur hanches bien fournies ne m’a pas aidé à savoir m’habiller, j’ai eu tendance à tout porter trop large.
Au Mexique j’ai dû trouver des solutions pour vivre quotidiennement avec des températures élevées sans me balader en paréo pour autant. Du fait du niveau de vie là-bas, j’avais souvent l’air très habillée rien qu’en portant des pièces de chez Zara vieilles de quelques années… Mon look hippie chic n’a pas été tellement adapté à l’atmosphère aixoise à mon retour. En revanche, «Être à l’aise » dans mes vêtements a toujours été un aspect primordial de ma façon de choisir, par exemple j’adore les body surtout en hiver mais s’il y a pas de bouton en bas, c’est LE truc à éviter…

Au final j’essaie surtout de mieux utiliser mes pièces, comme la Wonder Wardrobe de Daria Andronescu.
C’est encore difficile, mais comme une partie de mon dressing est encore chez mes parents qui sont à Toulon, cela m’entraîne à dédoubler ma garde-robe. J’essaie d’avoir des basiques (white-T, robe noire, etc) mais j’adore les pièces qui ont du caractère, qui font une tenue à elles seules et qui sont assez voyantes par leurs couleurs, leurs motifs, leurs détails). J’ai par exemple une robe longue en velours, léopard mais argentée ! Elle me fait un corps de folie pour une soirée et se décline super facilement, plus casual en hiver.

Quelques-unes des adresses de Marie

  • Blowup vintage
  • JoliBambi (moins dans mes moyens et peut-être un peu trop élégante).
  • MadVintage Aix et Toulon qui ont ouvert des franchises, en espérant que les chineurs restent les mêmes !
  • Les Choses Simples, très sympa, spéciale dédicace au vide dressing saisonnier !
  • Cheap & Chic à Toulon, une édition chaque mois de mai et novembre qui dure 4 jours et dans laquelle je trouve souvent des super pièces. 

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