ANOFUKU - Le vêtement de quelqu’un, la Sociologie de l'Habit exposée à la MCJP

ANOFUKU - Le vêtement de quelqu’un, la Sociologie de l'Habit exposée à la MCJP

Crédits @MCJP

 

Rétrospective personnelle sur le travail de deux créateurs japonais
Exposition - Maison de la Culture du Japon à Paris du 06 IX 2017 au 28 X 2017

Ni la Mode ni l’Art. 

Keisuke Kanda et Kunihiko Morinaga sont deux créateurs de vêtements japonais dont l’inspiration a trouvé sa source dans la sociologie. Leurs travaux sont indépendants et méthodiquement opposés, mais leurs idéologies créatrices convergent vers une même interrogation: la réinvention

Vêtement - habit
Vêtement - objet 
Vêtement - histoire
Vêtement vivant et vécu avant tout comme un outil de communication non verbale qui nous révèle à l’autre. 

Leur carrière et leur amitié sont nées sur les bancs de l’Université au Japon, et d’un sentiment commun de ne pas comprendre les images sur papier glacé qui régissent le milieu de la Mode, sans considération pour la réalité des gens à qui elle s’adresse.

« Des mannequins étrangers aux mensurations incroyables » 

Keisuke Kanda

Est-ce la cible qui est mauvaise, pourtant celle-la même qui consomme, ou le message qui est erroné?  
La quête de leur travail artistique semble posée sur cette problématique, avide de sa compréhension et dans une inlassable volonté d'en démocratiser l’approche. 
Permettre au commun des mortels de la comprendre d’une part, mais aussi de s’en approprier le langage. 

Crédits @KeisukeKanda


Vêtement - culte
Vêtement - sacré
Vêtement intime pourtant.

Leurs créations découlent de grands axes de réflexion autour de la sociologie du vêtement.

Une analyse comportementale

Les codes du style sont imposés par un diktat photographique dont les cycles se renouvellent à la faveur des fashion weeks.

Pour autant, nous cherchons en permanence à faire resurgir notre identité dans la masse en brisant les archétypes: l’enfant qu’on était chaussait les escarpins maternels et l’adulte maintenant emprunte la chemise de son homme. On déforme à outrance nos jeans favoris, nos survêtements, on porte hors du temps et des frontières des pièces ethniques ramenées d’un voyage lointain, on se rue sur des modèle vintages de 60 ans nos aînés. 

Il existe une inclinaison naturelle à briser les oppositions binaires: fille/garçon enfant/adulte passé/présent, que les Artistes explorent et qu’ils intensifient.

 

Re-faire le sens 

À partir de mot-clefs japonais correspondant à des pièces précises à l’identité forte, ils déconstruisent le sens premier d’une coupe / d’une matière pour le transposer à d’autres identités, démontrant ainsi que le vêtement est un objet de communication, extériorisant passivement nos revendications: faire passer le cuir brodé du biker à la jeune fille de bonne famille, signifier son appartenance à une tribu.

Crédits @HYPEBEAST



Changer de paradigme

Remettre en question les acquis vestimentaires: 

  • Le jersey est-il une matière exclusivement réservée aux survêtements? Quelle légitimité conférerions nous à un smoking ou une robe du soir taillés dans cette matière?
  • Si la fonction du vêtement est de couvrir le corps, à partir de quand parle t-on de vêtement? Un drapé est-il suffisant? 
  • Est-ce que la forme telle qu’imposée par le corps humain est absolue? Alors combien de formes pour combien de corps différents? Serions-nous capable de porter un vêtement taillé sur un modèle de corps géométrique: triangulaire, cubique ou rond?
     

Crédits photo @KUNIHIKOMORINAGA

Autant de faits à déconstruire et recomposer dans un futur où le vêtement n’est pas au service des tendances mais de la personne, à même de choisir un style, un usage, un domaine d’activité qui lui ressemble, et qui change au gré du mouvement de ses identités. 

Voilà du beau pour s’interroger. 

Keisuke Kanda + ANREALAGE
ANOFUKU - Le vêtement réinventé
Exposition du 06 IX 2017 au 28 X 2017 - Maison de la Culture du Japon à Paris