Le Cupro : La Fibre Artificielle Au Service De La Mode Responsable

Le Cupro : La Fibre Artificielle Au Service De La Mode Responsable

 

Le Cupro : La Fibre Artificielle Au Service De La Mode Responsable

 

Le Cupro est une matière mystérieuse, dont on ne parle pas assez et qui pourtant se défend bien sur l’échelle de l'éco-responsabilité. Présente dans nos placards depuis des décennies sans que personne ne le remarque vraiment, elle est cachée en petites touches dans nos vêtements. 
Si le monde était juste, sa popularité devrait dépasser celles du polyester et de la viscose avec qui on la confond pourtant souvent ! On tente de réparer cette erreur et on apprend à mieux la connaître, pour l’apprécier.


TECHNIQUEMENT, DE QUOI PARLE-T-ON ?


Sans se perdre dans les méandres de la biochimie  il convient, pour mieux comprendre la suite, de faire un petit point technique. 

Le Cupro est une fibre artificielle obtenue par le traitement chimique de la cellulose extraite du Linter de Coton. C’est dur comme introduction, mais pas de panique ! Pour celles et ceux qui sont déjà largués, on y reviendra en des termes plus prosaïques. Pour obtenir le fil prêt à tisser, la cellulose extraite est trempée dans une solution de cuprammonium (une solution ammoniacale d’oxyde de cuivre), d’où le nom doux et délicat de « Cupro ». 
Plus simplement, il s’agit donc d’une matière tissée à partir d’une fibre végétale transformée par un bain de produit chimique. 
Ca ne parait pas très naturel tout ça ? Pourtant, quand on en parle de Cupro, (c’est-à-dire pas souvent), on le présente comme un tissus éco-responsable. C’est contre-intuitif, mais vous allez comprendre !

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UNE FIBRE ECO-RESPONSABLE ? 


On l’a dit, le Cupro est une fibre artificielle, pas synthétique. Bien qu’il subisse un procédé chimique, le Cupro reste une matière d’origine végétale composée uniquement de cellulose retravaillée pour donner un fil.
Petit rappel : les fibres synthétiques sont fabriquées à partir de dérivés du pétrole. C’est le cas, par exemple, des acryliques, des polyesters, des polyamides et de la plupart des trucs en “poly”...). Les fibres artificielles sont, elles, issues de matières naturelles et végétales qui, ne pouvant pas être extraites directement sous forme de fil, doivent subir un traitement de forme pour devenir filables.
Les consciences écologiques éclairées passeront donc leur chemin devant une étiquette faisant mention d’une fibre synthétique. Face à une fibre artificielle, il conviendra d’enquêter un peu plus et, surtout, de connaître les principales matières existantes car toutes ne se valent pas.


Une affaire de recyclage 

Le Linter de coton dont sont extraites les fibres du Cupro est en fait un déchet de l’industrie textile. 
Avant de se retrouver dans nos vêtements ou dans un sachet plastique de disques démaquillants, le coton c’est ça : une petite boule blanche dans laquelle se cachent des graines qu’il faut extraire pour pouvoir travailler la fibre. 

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Crédits @AsahiKaseiCorporation

La production du Cupro permet d’utiliser ces graines habituellement considérées comme inutilisables et donc jetées. Lorsqu’on connaît l’impact écologique de la culture du coton, l’idée d’optimiser au maximum la production est plus que bienvenue. Quitte à avoir un impact important, autant en tirer le maximum ! 


Une matière biodégradable


L’autre grande particularité du Cupro, c’est d’être 100 % biodégradable. Bien sûr, votre t-shirt ou la doublure de votre costume ne va pas se désagréger dans votre placard... Une fois placé dans la terre par contre, le Cupro se désintègre rapidement et ne présente aucun risque pour l’environnement. Une matière naturelle qui retourne à la Terre d’où elle vient. Spectaculaire illustration de la décomposition d’une pièce de Cupro après seulement 2 mois dans la terre :

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Crédits @AsahiKaseiCorporation - Décomposition d’une pièce de Cupro après seulement 2 mois dans la terre

Si vous laissez trainer votre chemise en Cupro dans le jardin, elle finira donc dévorée par la nature en quelques semaines.

Le chic de la soie, la souffrance animale en moins


La soie est issue de l’exploitation du ver à soie, un animal qui travaille donc depuis des siècles au service de la mode, bien qu'il existe maintenat des soies “cruelty-free”. Par chance, le Cupro présente un aspect légèrement brillant et une texture fine très proche de la soie. Le tombé du Cupro est un peu plus lourd, mais il faut choisir ses combats. Malheureusement, on ne peut pas tout avoir ! 
Pour celles et ceux qui ont à cœur de s’habiller élégamment, mais pour qui le style ne justifie aucune souffrance animale, le Cupro est donc une alternative éthique et totalement vegan à la soie, cruelty-free et compte-bancaire-friendly. 

Un procédé de fabrication propre et contrôlé 


Si on ne peut ignorer le fait que la fabrication du Cupro implique l’utilisation d’un produit chimique potentiellement nocif pour l’environnement, on peut se rassurer sur le fait que la production se fait en circuit fermé. 
Les grandes quantités d’eau et les produits chimiques employés pour la production du Cupro sont donc sans cesse réutilisés jusqu’à épuisement total. 
Le Cupro est produit par la société japonaise Asahi Kasei Corporation qui vend parfois son tissu sous la marque Bemberg. D’ailleurs, si d’aventure vous croisez la mention “100 % bemberg”, sur une étiquette, il s’agit bien de Cupro. Les 2 termes sont parfois utilisés sans distinction pour qualifier la même matière. 
L’avantage de ce monopole, c’est avant tout que le Cupro vendu par Asahi Kasei Corporation est labellisé OEKO-TEX, c’est-à-dire sans composés toxiques ou dangereux pour la santé et pour l’environnement. Sa production bénéficie, elle, de la certification GRS (Global Recycled Standards) qui garantit que les matières et produits utilisés dans la fabrication du produit sont bien recyclées.
En pratique, on peut donc acheter un vêtement en Cupro et satisfaire sa conscience écologique sans se poser trop de questions. On connaît globalement la provenance du tissu, ses méthodes de fabrication et son impact sur l’environnement. 


APPLIQUÉ À LA MODE, ÇA DONNE QUOI ?


Légèrement soyeux voire satiné, le Cupro apporte un style plutôt chic et élégant. 
C’est la raison pour laquelle on le retrouve le plus souvent dans les doublures de nos belles pièces, manteaux, blazers, pantalons à pinces et autres robes de soirée.
Il a pourtant des propriétés très sympathiques pour un tissu qu’on cache en doublure sous d’épaisses couches de laine ! 
Fluide comme un polyester (l’impact écologique en moins), plus respirant que le coton, c’est aussi une des matières les plus absorbantes actuellement sur le marché.  
Il peut donc assez facilement se décliner en t-shirts, robes ou pantalons à part entière pour toutes les saison. Ce n’est pas encore extrêmement répandu mais ça existe !
Et comme on sait qu’il est toujours plus agréable de ne pas passer par la case recherche, on vous propose une sélection de belles pièces en Cupro en fin d’article. 

 

ENTRETENIR SES PIÈCES EN CUPRO

#bristoltime
Éthique, beau et résistant, le Cupro est aussi très facile d’entretien. C’est fabuleux on vous dit !
Le Cupro peut se laver en machine. Et comme il ne contient aucune trace de plastique, on ne stresse pas à l’idée de remplir l’océan de milliers de microfibres toxiques.
Pour la température de lavage, 30°c font très bien l’affaire, d’abord pour s’assurer de ne rien brûler, et ensuite parce qu’un lavage à froid consomme toujours moins d'énergie ! 
Dernier avantage qu’on mentionne avant que ça ne paraisse suspect : le Cupro ne se froisse pas facilement mais les maniaques du pli pourront tout de même le repasser sans risque de voir leur fringue préférée fondre sous la chaleur du fer.