BODY - Le Style & l'Histoire d'un Pilier du Dressing

BODY - Le Style & l'Histoire d'un Pilier du Dressing

Juste-au-corps, ce que la tenue révèle du personnage

Crédits photo @BODYANCLYDE

Super-héros en civil, démasquez-vous.
Il est de certaines pièces incroyables qui sont maîtresses en toutes circonstances. Les combinaisons sont un exemple parfait du prêt-à-habiller, assorties aux accessoires qui caractériseront le mieux la personne qu’on a envie d’être aujourd’hui, switchés en fin de journée pour incarner celle qu’on sera ce soir.
Le body est une arme du même acabit qui agit en sous-marin. C’est l’agent secret du dressing.

Son histoire est celle de la liberté d’expression. Au XIXème siècle, un jeune trapéziste nommé Jules Léotard a conçu le juste-au-corps (relisez ce mot, c’est comme une poésie à porter) pour laisser libre-cours à ses figures en toute aisance de mouvements.
Note à ces Messieurs : il s’agit bien d’une pièce masculine à l’origine, restez donc parmi nous.
Note aux révolutionnaires du transgenre en 2017 : vous n’avez rien inventé. Bisous!

Trapéziste tous les jours, la tenue faisait l’homme, mais l’homme était déjà à travers ses performances capable d’expression évolutive, multipotentielle. Chaque jour renouvelée, chaque jour nouvelle (la poésie du vêtement concerné m’autorisant la rime dans ce billet).

Crédits @BASERANGE

Aujourd’hui les actes ont remplacé les figures. La multipotentialité devenue la norme dans nos vies intenses*, où les rôles successifs se slashent dans la journée.
Sportif x foodista x employé du moisStartuper x parent x community manager x citoyen politicien. Le fait est que notre consommation vestimentaire actuelle est biaisée par les artifices publicitaires. On tente d’acheter l’image que l’on aimerait être. Pourtant - cher Y fais un instant le point sur ton quotidien : toutes tes vies sont déjà dans ton placard. Et comme le dit très justement Christopher** :

Les choses ne sont pas importantes parce qu’elles sont nouvelles, mais parce qu’on s’y intéresse

Par sa capacité à être décliné à l’infini, le body est une des sept pièces indispensables du dressing. Je n’ai pas inventé ce précepte, c’est Donna Karan qui l’a établit en 1980 en hissant une collection de bodysuits au sommet du podium. Élégance et flexibilité, ode à l’émancipation féminine.

Donna Karan’s fall 1985 - Crédits @WWD

Dans un jean ou une jupe crayon, dans un jupon de tulle, dans un slim, un chino, un short à frange grunge sorti tout droit de Transpotting (et de la résurrection d’un denim upcyclé qui prenait la poussière au placard). À plat ou en stilettos, presque-à-poil à la maison. Partout, par tous les temps, il épouse l’architecture du corps, toujours adéquat. Vêtement-liberté chéri. Comme nous, le body peut tout faire.
La femme à juste-au-corps est un super-héros qui s’ignore. Rime finale.

LES BELLES MARQUES


LUZ

Crédits photo @LUZ

EN BODY SIMONE

 

EON PARIS

LOU CRIE A TORT

Crédits @LOUCRIEATORT

BASERANGE

BODY AND CLYDE

 

THE ACEY

Crédits @THEACEY

WORON

Body vintage, Donna Karan New-York

* La vie intense, une obsession moderne - Tristan Garcia, Éditions Autrement

** Le bizarre incident du chien pendant la nuit - Mark Haddon, Éditions Babelio