Trapos Finos

Trapos Finos

 

Yulissa s’interroge, elle débarque à Paris. Elle fait toujours ces rêves étranges et pénétrants, où l’anxiété se mêle à la nostalgie. 
L’alternance d’images de guérilla, de l’autoritarisme d’un état corrompu, et de la force tranquille associée à l’amour maternel, inconditionnel. Angoisse et réassurance. Prendre tout, et surtout sur soi. 
Elle revit Villa El Salvador, la banlieue péruvienne de Lima où elle est née et où elle a grandit jusqu’à ses 7 ans. Cette ville fantôme est une invention de l’humanité, au sens littéral, celle d’un mouvement humain dépourvu de tout : habitat, travail, soins de santé, école. Un mouvement qui construit un avenir à la force de sa douleur, à la sueur de ses espoirs. Une cité où tous pourraient vivre décemment, travailler à leur propre bien-être, envoyer leurs enfants à l'école avec des chaussures aux pieds. 

Porque no tenemos nada, lo haremos todo /Parce que nous n’avons rien, nous ferons tout.

Phrase prononcée par Carlos Dittborn lors du 30ème congrès de la FIFA 

 Villa El Salvador au début de son histoire, années 90.

Aujourd’hui cette cité est devenu un modèle de développement, passée d’un rêve collectif à une communauté concrète ayant accès à l’eau, l’électricité, une cuisine partagée, des écoles, des universités, des adultes entrepreneurs et des anciens qui pratiquent le Tai-chi. 

Mais Yulissa Aranibar Espinoza n’a pas connu les heures glorieuses de sa cité avant d’être adulte : à 7 ans, sa mère en exil l’emmène vivre à Milan. Elle y grandit et y étudie le stylisme, puis rejoint Paris pour des stages attrayants. Pourtant les rêves insistent, virulents, dans lesquels les images de son quartier l’obnubilent. Comme la blessure d’un doudou perdu, des beaux jours d’un enfant qu’on a déraciné, et la fuite coupable d’un être quand sa communauté est dans l’adversité. 

Yulissa fait alors un remède de la créativité. La Mode s’impose, salvatrice, comme la voix qui porte quelque chose d’enfouit et qui veut s’exprimer fort : elle fonde sa maison de prêt-à-porter.

Soy un pedazo de tierra que vale la pena.

Latinoamerica - Calle 13 

Collection homme - Crédits @TRAPOSFINOS

Elle puise dans ses souvenirs puissants, ceux de l’histoire de son pays, pour fonder sa marque inaugurale de prêt-à-porter inspirée de la culture péruvienne. Elle reprend le toucher des robes des cholitas en tenue traditionnelle amérindienne permettant de porter leur enfant dans le dos.
Les couleurs de la flore des Andes et de l’Amazonie.
Les imprimés des Shipibos, la symbolique des Incas.
Et ce nom, Trapos Finos, le torchon raffiné, reflets des antipodes de sa triple identité.

Pour les maillots présentés ci-après, les imprimés sont dessinés par Yulissa, elle réalise les patrons à l'aide d'un artisan modéliste. Les textiles sont composés d'un mélange de lycra brésilien, réputé pour sa résistance dans le temps, d'Expandex (fibre de bambou) et de coton bio. L'assemblage est réalisé à la main par une couturière auto-entreprenneuse dans un quartier défavorisé de Lima. 

Même pauvre j'étais bien habillé, plus riche que toi même avec un seul billet.

Roméo Elvis

Une première collection riche de son histoire et de l’Histoire de son pays. Après les martyrs, aux vêtements d'être les médiateurs d'un monde meilleur. La seconde collection sera dédiée aux pulls et aux tenues de yoga.

LE SITE DE TRAPOS FINOS 

-

LES INFOS SUR LA BOUTIQUE EPHÉMÈRE

LA FÊTE DE LA MUSIQUE PÉRUVIENNE AU HASARD LUDIQUE

 

 

L’histoire de Villa de Salvador est relatée dans un documentaire « Villa El Salvador, les bâtisseurs du désert »réalisé par MECANOS PROD, disponible ici.